LES CONTES DE PERRAULT REVUS & ILLUSTRÉS

Panique à Versailles ! Hermine doit remplacer sa maîtresse, la nièce du Roi, pour faire la lecture des contes de Monsieur Perrault, le dernier livre à la mode. Mais comment faire pour interpréter tous ces personnages ?

Intentions de l'auteure

Le spectacle que la Compagnie l’Air de rien concevait de jouer était, me semblait-il, réglé. Les quatre contes de Perrault qu’une récitante lirait pendant que deux comédiens les joueraient en interprétant tous les personnages à la fois pouvaient se suffire. Pourquoi alors écrire des textes additionnels comme la compagnie me le demandait ?

A bien y réfléchir, je savais combien les Contes de ma mère l’Oye de  Perrault, contrairement aux idées reçues, ne sont pas si accessibles que cela aux collégiens : d’abord parce qu’ils n’ont de ce texte patrimonial que la version très édulcorée des films de Walt Disney et que le texte dans sa langue et sa version « originales » les déroute. Aussi contextualiser ces contes et les mettre en scène prenait tout son sens. C’était aussi l’occasion au-delà du rire que provoquerait l’interprétation théâtrale, de montrer discrètement comment ils témoignaient d’une société courtisane, intrigante et tout en apparences. Une cour de pantins prêts à tout pour plaire au Roi. L’écriture devenait alors un jeu formidable.

Christine Méron

Les Contes de Perrault se mettent en scène ou comment à travers le texte théâtral appréhender quatre contes classiques fondateurs ?

La Compagnie L'Air de Rien

Née à Versailles, berceau de culture théâtrale et musicale, la compagnie l’Air de Rien entend être un lieu de création pluridisciplinaire et d’échange entre comédiens, metteurs en scène, compositeurs, chorégraphes, musiciens, danseurs et tous les genres d’artistes que le spectacle vivant peut enfanter… Le crédo ? Créer un foisonnement de projets, provoquer des rencontres.

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Pistes pédagogiques

Les Contes de Perrault relus et illustrés s’inscrivent naturellement dans le programme de français du cycle 3. Les quatre contes qui figurent dans cet ouvrage, « Le Petit chaperon rouge », « Cendrillon », « Les Fées » et « Le Chat botté » présentent en effet chacun à leur manière, une figure de “monstre” – celle de l’ogre , du loup ou  de la marâtre – qui trouvera sa place dans le thème du programme intitulé  « Le monstre, aux limites de l’humain ».
C’est l’occasion de faire découvrir ces contes dans leur texte original : on pourra en profiter pour étudier les différentes  réécritures de ces contes, depuis celle des frères Grimm dont il sera souvent intéressant de comparer les fins jusqu’aux « trahisons » assumées des studios Walt Disney, en passant par le travail de parodie de Pierre Gripari et Les contes de la rue de Broca  ou de Moissard et Dumas Les Contes à l’envers, sans oublier, pour les plus jeunes, l’incontournable Petit Chaperon vert de Grégoire Solotareff.
C’est ensuite un livre « fondateur » de l’imaginaire enfantin où la place des monstres est déterminante dans la construction de notre humanité. Si le loup est souvent étudié, l’analyse des personnages ogres / ogresses et de la figure de la marâtre est souvent délaissée. Pourtant ces deux figures sont « monstrueuses » dans la mesure où elles suscitent peur et fascination. Elles peuvent donner lieu à des séances d’écriture où l’on demande aux élèves de rédiger le portrait-robot du monstre qui les effraie et les attire en même temps.
À cette analyse des personnages, peut s’ajouter un travail sur les illustrations très décalées de Christian Gatineau qui habillent ce livre. On notera en effet que les héros ou héroïnes sont présentés d’une façon résolument drôle voire caricaturale – décalages d’époques signalés par des accessoires technologiques ou des vêtements

 ou des situations résolument contemporaines. Mieux, on montrera comment ce travail de caricature se fonde en filigrane sur les gravures de Gustave Doré, grand artiste du XIXe qui sait par son trait et sa palette de gris, inspirer peur et effroi.  Un moyen là encore de montrer comment s’opère la « réécriture » graphique pour chaque époque.
Enfin, tous ces contes sont contextualisés : ils sont en effet “entourés” d’un texte théâtral qui situe dans leur siècle les Contes de Perrault, leur succès, leur dessein. Ce texte théâtral s’inspire des comédies de Molière, tant par la langue que par la dynamique dramaturgique et peut être l’occasion de développer un autre thème du programme du cycle 3 « Résister au plus fort : ruses, mensonges et masques ». Dans cet ouvrage, la conteuse recourt à une ruse et un artifice pour lire les contes de Perrault au roi. Le théâtre et ses ressorts pourront donner lieu à un éventail de situations d’apprentissage, dynamiques et gratifiantes.  Les élèves adorent « jouer ».
C’est donc un livre tout particulièrement adapté aux 9-11 ans et qui offre de vrais choix pédagogiques pour mettre en jeu les compétences de lecture, d’écriture d’invention et de l’expressivité de la parole.
En guise de « bouquet final », ce livre est celui d’une création théâtrale de la Compagnie l’Air de rien ; les trois comédiens qui jouent cette œuvre se déplacent dans les établissements scolaires, à la demande Une manière de lier étude littéraire et création artistique sans artifices.